
Tiento antiguo – Joaquín Rodrigo (1901-1999)
Variations sur un thème de Scriabine – Alexandre Tansman (1897-1986)
XX. Obsequio al Maestro (24 caprices de Goya) – Mario Castelnuovo Tedesco
Collectici Intim (I. La Serenor III. La Calma II. La Joia) – Vicente Asencio (1908-1979)
Sonata II – Carlos Guastavino (1912-2000)
Le programme commence avec le Tiento Antiguo de Joaquín Rodrigo, une évocation des origines de la guitare, mais aussi de la tradition des organistes du XVlème siècle, qui avaient pour habitude d’improviser des tientos au début des concerts pour tester (tentare) l’acoustique des églises. C’est une pièce à la texture épurée, dans laquelle Rodrigo nous offre un espace d’improvisation et de liberté, où on peut avoir notre mot à dire.
Les Variations sur un thème de Scriabine d’Alexandre Tansman donnent la sensation de côtoyer le grand répertoire pianistique du Romantisme. Avec une durée de 10 minutes, c’est une pièce d’une belle envergure, avec un caractère général très dramatique, qui m’a captivé dès la première écoute.
Le Caprice n°20, Obsequio al Maestro, de Mario Castelnuovo-Tedesco, fait partie des 24 Caprices de Goya. Dans cette pièce, Tedesco rend hommage à son professeur de composition, Ildebrando Pizzetti : les quatre thèmes principaux sont des citations d’œuvres de son professeur. C’est une pièce de recueillement, une œuvre qui porte le deuil, toujours avec cette touche d’ironie si caractéristique de la musique de Tedesco.
J’aime associer la musique du compositeur valencien Vicente Asencio aux tableaux impressionnistes de Joaquín Sorolla, pleins de jeux de lumière et de reflets de la Méditerranée. La serenor, La calma et La joia, extraits de la Collectici Intim de Vicente Asencio, fonctionnent très bien en triptyque, et permettent de donner au public un aperçu de cette belle musique.
Ce récital se termine par la Sonate n°2 pour guitare du compositeur argentin Carlos Guastavino, d’une grande qualité musicale, avec un riche développement mélodique et expressif. Guastavino, injustement méconnu aujourd’hui, était surnommé « le Schubert de la Pampa » par son traitement magistral de la mélodie et sa profonde connexion avec le folklore argentin, qu’il a su allier avec un langage classique. Tout au long de ses trois mouvements, la guitare chante, pleure, et danse au rythme du malambo.
